Nous nous sommes tourné vers l’IA et nous lui avons posé la question : à quoi ressemblera une société où 30 % du travail humain aura disparu ? Voici ce qu’elle nous a répondu.
L’arrivée de l’IA générative, des robots autonomes et des systèmes décisionnels intelligents transforme déjà notre économie.
Le jour où l’on franchira le seuil symbolique des 30 % de travail humain en moins(*), le monde basculera dans autre chose. Quoi ? Personne ne peut l’affirmer avec certitude mais un nouveau modèle de société semble s’imposer. Avec de nouvelles structures économiques, de nouvelles classes sociales et un nouveau sens du travail.
1. Le marché de l’emploi devient binaire, avec deux types de métiers.
- Les “métiers du réel” (non automatisables)Ceux que l’IA ne peut ni imiter ni remplacer. Sont concernés les métiers du soin, de l’éducation, du BTP, du secours et de la sécurité, les artisans…
On assiste à une requalification massive du travail manuel et relationnel. - Les “métiers de la supervision”L’humain ne “fait” plus. Désormais, il pilote. Sont concernés les fonctions de direction et de stratégie ainsi que les opérateurs IA, les superviseurs de robots, les analystes “augmentés”, les designers et concepteurs de systèmes, les ingénieurs.
Ce petit pourcentage de la population contrôle l’infrastructure automatisée.
Disparition de la classe moyenne traditionnelle
Les métiers intermédiaires — administratif, support, comptabilité, gestion, vente, back-office, production de contenus — sont absorbés par l’IA.
On passe d’une société “en pyramide” à une société en sablier. Au sommet l’élite, une base nombreuse, et au milieu un goulot d’étranglement.

2. Le travail cesse d’être le centre de la vie sociale
Quand un tiers des tâches humaines sont automatisées, le travail perd son rôle de garant de revenu. Ni valeur sociale, ni critère d’identité. Il ne structure plus le quotidien.
Dans ce nouveau contexte impose de réfléchir à d’autres fondements. Deux nouveaux modèles sociaux pourraient émerger : la société de la contribution et la société du revenu automatisé.
- la société de la contributionLe travail salarié devient une partie seulement de la vie économique.
Les citoyens alternent entre contribution locale, associatif, missions temporaires, formation continue et projets créatifs. - la société du revenu automatiséLes machines produisent une grande partie de la richesse. La redistribution a lieu via un revenu universel, des dividendes citoyens, une ou des taxes robot / IA co-propriétés des systèmes automatisés.
3. Explosion des inégalités si rien n’est anticipé
La disparition de 30 % du travail humain ne touche pas tout le monde de la même façon. Comme onn l’a vu, certains (voir sablier) s’en sortent mieux que d’autres (cols blancs, administratifs, jeunes diplômés et autres catégories peu qualifiés).
Le risque majeur est une société à deux vitesses, comme celle née après la révolution industrielle. Mais à un rythme inédit (x10).
4. L’éducation doit être totalement réinventée
Le système actuel continue à favoriser des compétences déjà remplacées par l’IA. Dans une société post-travail, l’école doit cesser d’être une usine à diplômes, pour devenir une fabrique de capacités . Des capacités basées notamment sur de nouvelles compétences techniques pour piloter l’IA. Etre capable de collaborer avec les machines devient aussi fondamental qu’apprendre à lire.
5. La santé mentale devient un enjeu majeur
Quand le travail n’est plus la colonne vertébrale du sens de la vie, il faut se réinventer. En jeu : l’estime de soi, la fierté, plus gobalement, le bien être. Ce changement passera notamment par la mise en place d’autres rituels sociaux, la redéfinition des rôles dans la société. Sans compter la recherche de l’équilibre entre activité productive et non productive.
Outre les thérapies collectives et autres communautés collaboratives, les prochaines décennies pourraient voir émerger de nouvelles formes de vie sociale post-travail.
6. Les villes changent de visage
Moins de bureaux, plus d’espaces modulables, plus de centres culturels, de lieux de rencontre et d’ateliers…. les centres urbains deviendront des hubs de créativité, des pôles d’innovation. Abritant
des écosystèmes collaboratifs humains et IA.
7. Le politique devient l’arbitre de la transition technologique
Avec la main mise de 4 ou 5 leaders de l’IA, l’émergence d’un néo-féodalisme technologique devient patent. Avec comme corollaire, un risque majeur d’explosion sociale, faute de redistribution des richesses.
Le pire n’est pas certain. A condition d’accompagner cette révolution, d’anticiper les changements induits avec des réponses adéquates.
(*) McKinsey Global Institute (rapport sur l’avenir du travail)
PwC (rapport mars 2025 PricewaterhouseCoopers)
OECD (étude sur l’évolution du travail – Organisation de coopération et de développement économiques)
IMF (article janvier 2024 – Fonds monétaire international)






















