En France, près de 8 millions de personnes exercent une fonction managériale. Soit environ un tiers des salariés. Un poids considérable dans l’économie — et pourtant, le métier attire de moins en moins. Entre pression, désillusion et quête de sens, le management reste cependant un poste clé dans la stratégie des entreprises.
Le management, ce métier que tout le monde critique… mais dont personne ne peut se passer
Ils sont des centaines de milliers en France. Attirés par des perspectives d’évolution de carrière, de meilleures rémunérations, une certaine reconnaissance professionnelle. Qui ? Les managers que sont les chefs d’équipe, responsables de service, relais de direction, cadres opérationnel, de proximité… Et sans eux, sans management, les entreprises s’arrêtent. Ils sont indispensables. Pourtant, de moins en moins de salariés veulent devenir managers.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 56 % des salariés identifiés comme “futurs managers” refusent la promotion. En cause, des injonctions parfois contradictoires, entre exigences de performance, et demande de flexibilité et d’écoute. Et les faits leur donnent raison. 64 % des managers évoquent un niveau de stress élevé, et plus d’un sur deux parle de fatigue chronique ou de charge mentale excessive. Des responsabilités croissantes sans réel pouvoir qui se traduisent aussi sur un déséquilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
Les managers victimes ou bourreaux ?
Longtemps cantonné à un rôle de chef, le métier de manager connaît une transformation radicale. Au point de devenir un levier de compétitivité majeur. Les raisons sont multiples : un contexte marqué par la pénurie de talents, le télétravail et l’intelligence artificielle.
« On ne quitte plus une entreprise, on quitte un manager »
Pour les recruteurs, un bon manager ne se contente plus de piloter des objectifs. Il doit donner du sens, fidéliser les équipes et absorber des changements permanents (digitalisation, IA, réorganisations). Conjuguer performance et bien-être. Un mauvais management est l’une des premières causes de turnover, d’absentéisme et de démotivation. « On ne quitte plus une entreprise, on quitte un manager », constate un responsable RH dans l’industrie pharmaceutique. Selon les recruteurs, un bon manager est un véritable chef d’orchestre. Capable de développer les compétences internes mais sans épuiser les équipes. « Les formations les plus demandées par nos clients sont liées à la prise de décision, au courage managérial mais aussi à l’intelligence émotionnelle, confirme un consultant spécialiste en management. Ils veulent des leaders collaboratifs empathiques. En théorie, du moins » Qu’en est-il de la pratique ?
Compétences clés des managers
ce que veulent les entreprises — et ce que les salariés attendent

Ces compétences sont aujourd’hui souvent évaluées avant les diplômes, d’où l’intérêt croissant des formations certifiantes orientées compétences terrain.
Le malaise managérial : “Si tu veux réussir, sois médiocre”
« Ce que l’on constate dans les faits est différent, corrige le consultant. En réalité, les entreprises veulent de bons soldats. Elles sont elles-même soumises à la pression des marchés, des actionnaires. Le résultat c’est une vision court-termiste avec une recherche effrénée de rentabilité immédiate. On ne laisse pas vraiment le temps aux managers de réellement faire leurs preuves. Ceux qui restent en poste sont ceux qui ne remettent pas trop en cause le système. Ils doivent se débrouiller avec des objectifs parfois irréalistes, incohérents. Des consignes venant de supérieurs souvent basés sur un autre continent, ignorants des contraintes et des défis locaux.»
Un témoignage devenu viral sur LinkedIn résume l’expérience vécue et le sentiment partagés par nombre de managers dans les entreprises. « Si tu veux réussir en 2026, sois médiocre. Ne questionne pas trop. N’innove pas sans autorisation. Rentre dans les rangs. »
Accepter que les managers fassent des erreurs
Encouragés dans les discours, l’innovation, la prise d’initiative seraient sanctionnés dans les faits. Conséquence : le “désengagement managérial” progresse. Et pour ceux qui occupent des postes de manager, le conformisme devient une stratégie rationnelle de survie professionnelle « La loyauté au système paie plus que l’intelligence. La conformité plus que le courage. » peut-on lire dans la suite du post.
La solution ? « Les entreprises doivent lâcher du lest. Faire davantage confiance à leurs managers. Si on veut qu’ils soient pro actifs, il faut accepter qu’ils fassent des erreurs. Pas seulement dans les discours mais dans les faits. Il faut que ce soit posé noir sur blanc pour rassurer les managers qui ont toujours l’impression d’être sur la sellette. »
Faut-il encore se lancer dans le métier du management ?
A défaut de renverser totalement les vieux schémas, les managers ont gagné au moins une bataille. La part consacré à la formation au management, initiale comme continue dans les entreprises continue de progresser. En raison d’une demande soutenue de compétences managériales dans l’industrie, la santé et les nouvelles technologies notamment. De l’avis des experts, le management reste, malgré les critiques, un métier d’avenir. Une profession où l’improvisation, la promotion « sur le tas » vont définitivement laisser place à des profils plus pointus avec des rémunérations annuelles moyennes de 60 000 euros. Pour les entreprises, c’est un enjeu stratégique. Pour les salariés, un moyen sûr de progresser professionnellement… à condition de se remettre régulièrement à jour via la formation et de choisir un modèle managérial en phase avec ses valeurs.
Combien gagne un manager en France ?
Salaire moyen selon les profils (selon les données APEC/INSEE)
Ces niveaux restent attractifs, mais ne compensent plus systématiquement les contraintes perçues, notamment en matière de charge mentale et de responsabilité humaine.
Selon certaines estimations, un manager confirmé peut atteindre un salaire supérieur à 70 000 € par an, et même dépasser 100 000 € dans des fonctions senior dans de grandes entreprises ou secteurs compétitifs.

Formation et diplômes reconnus pour devenir manager

Sources :
- Encadrement : des cadres mais pas seulement… (analyse INSEE sur personnes supervisant d’autres salariés) https://www.insee.fr/fr/statistiques/6527986
- Observatoire de l’emploi cadre (APEC) — grandes tendances emploi cadre https://corporate.apec.fr/observatoire-de-lemploi-cadre
- APEC Les rémunérations des cadres dans 111 familles de métiers – Édition 2025 https://corporate.apec.fr/home/nos-etudes/toutes-nos-etudes/les-remunerations-des-cadres-dans-111-familles-de-metiers-edition-2025.html
- Le Monde mentionnant les résultats du baromètre international Cegos (résultats sociologiques https://www.lemonde.fr/emploi/article/2025/06/17/le-refus-d-etre-chef-est-un-phenomene-plus-marque-en-france-qu-ailleurs_6613660_1698637.html?
- Rapport PDF officiel Cegos https://www.cegos.fr/actualites/etudes





















