Derrière ce phénomène amplifié par la crise du covid, des raisons multiples : quête de sens, besoin d’autonomie, conditions de travail dégradées, transition numérique… Et un constat partagé par tous ceux qui sont passés du projet à la réalité: changer de métier n’est pas toujours un saut dans le vide. Anticipée, préparée, une reconversion professionnelle devient non seulement possible, mais peut se révéler libératrice.
Le Bilan de Compétences, un outil négligé mais utile
Là encore, les analyses convergent : une reconversion réussie passe souvent par une formation, voire même une formation qualifiante.
La première étape consistera à clarifier l’objectif, le projet via un bilan de compétences. « L’exercice peut être déstabilisant. On revisite son parcours, ses forces, ses envies enfouies., confie une enseignante en voie de reconversion. « J’ai découvert que j’avais mis mes aspirations sous cloche pendant vingt ans”.
Ensuite vient l’exploration. Au programme : investigation, recherche tout azimut sur la toile, consultation des fiches métiers de France Travail, des descriptions de l’Onisep. « On scrute les tendances de la Dares (1). Pour vérifier que l’on ne s’engage pas dans une voie sans issue et que les débouchés sont réels. » confirme un conseiller emploi. « On valide la faisabilité. Si le projet nécessite une formation, on cherche les dispositifs pour la financer. C’est une phase importante, capitale même. On se projette, on doute… Si on n’est pas sûr, on peut encore changer. »
Certains s’offrent même une immersion professionnelle via les PMSMP (2), ces stages d’observation pour adultes. Une manière de toucher du doigt la réalité du terrain, loin des fantasmes.
Etapes à suivre dans une reconversion professionnelle

Le nerf de la guerre : le financement
Souvent passage obligé, la formation a un coût et celui-ci peut s’avérer élevé. C’est là que les dispositifs publics deviennent des alliés précieux. Parmi ces aides qui permettent de financer une formation, le CPF, bien sûr, mais aussi Transitions Pro, pour les salariés. Autre programmes importants : ceux offerts par les Régions qui soutiennent les formations qualifiantes. France travail peut également intervenir via l’AIF (3) ou les POEI (4). “Le dossier doit être béton pour être accepté ”, insiste notre conseiller. “On doit prouver que le projet est cohérent, réaliste, et qu’il débouchera sur un vrai emploi.”
Un moyen efficace pour garantir que la formation visée est bien certifiée, reconnue et inscrite au RNCP (5) : l’enregistrement auprès d’un organisme certificateur comme France Compétences.
Le test grandeur nature : la vérité du terrain
Le vrai test, cependant, est d’une autre nature. Beaucoup racontent que le moment décisif n’est pas l’acceptation du financement, ni même le début de la formation. C’est le premier jour dans l’entreprise, le premier client, la première mission freelance. « C’est là que l’on sait si l’on a fait le bon choix. » D’où l’importance des immersions sur le terrain. Comme le résume notre conseiller : « réussir sa reconversion, c’est d’abord réussir sa préparation ».
(1)DARES : Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques- rapport d’études
(2)PMSMP : Période de Mise en Situation en Milieu Professionnel
(3) AIF : Aide individuelle à la Formation
(4) POEI : Préparation Opérationnelle à l’Emploi Individuelle
(5) RNCP : Répertoire National des Certifications Professionnelles
Retrouvez en podcast, l’histoire de la semaine. Découvrez comment nos protagonistes ont fait leur révolution ! Comment ils se sont...














