Épisode 4 –Oublié le mélange d’orgueil et de toute puissance qui submerge le champion à chaque course remportée. Le crépitement des flashs des photographes, les applaudissements du public. Oublié la berline à disposition, le spa privé et toutes les attentions dispensées lors de ses déplacements. Oubliés les appels des sponsors, des coachs et du club qui remplissaient son agenda pour la semaine, le mois, l’année. Bien qu’attendu et préparé, le retour à la normale, ‘au métro-boulot-dodo’ se révèle douloureux pour Eric. « Toute ma vie était rythmée par les engagements, les championnats, les pertes de poids, les voyages. Et du jour au lendemain, tout s’arrête. C’est dur » avoue l’ancien jockey habitué des podiums. A 38 ans, Eric expérimente alors ce que vivent bon nombre de grands sportifs une fois à la retraite : un sentiment de vide.
« Il faut faire preuve d’humilité »
« Si on n’est pas entouré, si on n’est pas équilibré dans sa vie personnelle, c’est très difficile à surmonter. On peut facilement sombrer dans la dépression, relève t-il. On sait qu’on ne retrouvera plus les podiums, les caméras ne sont plus braquées sur nous. Certes, on peut encore nous appeler pour remettre des trophées, mais c’est plus la même chose. Il n’y a plus aucune lumière sur nous. Donc il faut apprendre à gérer, il faut faire preuve d’humilité. »
Une des clés pour dépasser cette épreuve selon l’ancien jockey : « Savoir anticiper. Moi, c’est ce que j’ai essayé de faire ».
Déjà à la tête d’une entreprise, l’ancien coureur reconnaît que la transition s’est avérée moins brutale dans son cas. « J’avais déjà une deuxième vie, un métier. Quand j’ai raccroché, l’entreprise a occupé toute la place : j’y consacrais tout mon temps ».
« Ne pas essayer, c’est ça le vrai problème »
« Mais l’adrénaline me manquait. Ce qui m’a aidé aussi, c’est d’être un passionné de nature. Quand on est passionné, on trouve facilement des centres d’intérêt. Et puis, avec la course et le saut d’obstacle, j’ai retenu une autre leçon. Une vie n’est jamais rectiligne. On est amené à bifurquer. Le tout, c’est de subir le moins possible. Il faut aussi oser. Il faut faire, quitte à se tromper, et recommencer. Ne pas essayer, c’est ça le vrai problème. On peut toujours rebondir, à condition d’oser. Rien n’est impossible », martèle t-il.
« En dehors des chevaux, j’ai toujours aimé la musique. C’est un rêve (un autre) que je gardais dans un coin de ma tête. Quand j’ai lu l’autobiographie de Keith Richards, le guitariste des Stones, ça a été une révélation. Son bouquin m’a éclairé sur ce que je voulais vraiment faire. Parce que moi aussi, ma vie est un peu dingue. Pas autant que la sienne, mais quand même ! Je me suis avoué qu’en fait, je voulais devenir guitariste. Donc du coup, j’ai pris des cours à 40 ans passés. Je suis retourné sur les bancs de l’école au milieu de gamins ».

« Rebondir, encore et toujours »
« Et devinez quoi ? Après des mois de ‘tests’, on a monté un groupe, Elektrik Monday, avec un ami très proche (Nicolas Gaullery), un ancien entraîneur de chevaux ! Il chante, et moi, je joue. Au début, c’était une blague. Aujourd’hui, on fait des shows de deux heures et demie, avec des chanteuses, des tenues de scène, et des reprises de tubes des années 80. On s’éclate et ça fonctionne plutôt bien. On se produit dans des festivals et dans les hippodromes, bien sûr ! » conclut-il l’œil toujours aussi vif.



















