Plans de licenciement, recrutements globalement en baisse… Face au contexte politico-économique tendu qui marque ce début de printemps, Cédric M. aurait des raisons d’être inquiet. Mais après la hausse de son salaire en début d’année, son employeur vient de lui annoncer une nouvelle promotion.
Mes amis ont peur d’être virés, moi je n’ai jamais gagné autant
« Je me sens particulièrement chanceux. Mes camarades ont tellement la trouille d’être virés, qu’ils ont dû renoncer au télétravail sous la pression. Moi je n’ai jamais gagné autant. » confie t-il.
Son secret : un profil d’expert en cybersécurité, rare et donc particulièrement recherché par les entreprises.
D’autres métiers connaissent une envolée des rémunérations ces dernières années, malgré les menaces de récession. Une condition sine qua non pour attirer des professionnels trop peu nombreux.
Cybersécurité : les plus fortes hausses de salaires
44 000 à 86 000 euros
C’est probablement le secteur, où l’on observe les augmentations de rémunérations parmi les plus importantes. De 6 à 8 % par an sur les métiers les plus en tension.
Avec la multiplication des cyberattaques et la généralisation du cloud et de l’intelligence artificielle, les besoins des entreprises explosent. Ce qu’elles recherchent : des experts capables de sécuriser leurs systèmes. Mais les profils qualifiés restent rares. D’autant que les entreprises valorisent autant, voire plus les compétences, les certifications techniques. Les diplômes ne suffisent plus. Plusieurs études montrent même que les compétences IA créent une prime salariale supérieure à 20 %.
Selon une étude du cabinet Hays, un ingénieur cybersécurité gagne désormais entre 44 000 et 49 000 euros en début de carrière. Et jusqu’à 86 000 euros après plusieurs années d’expérience.
Santé : une pénurie chronique
25 000 à 86 000 euros
Infirmiers, aides-soignants, manipulateurs radio, préparateurs en pharmacie ou techniciens biomédicaux… La santé reste l’un des rares secteurs où les recrutements continuent d’augmenter malgré le ralentissement économique. France Travail prévoit plus de 322 000 recrutements en 2026.
Les candidats peuvent revoir leurs prétentions à la hausse. Au programme : nouvelles primes, heures supplémentaires mieux payées et revalorisations salariales. Certains hôpitaux proposent aussi des avantages inédits. Aides au logement, primes d’installation ou évolution accélérée de carrière font parti des négociations.
Ces avantages s’ajoutent à des salaires débutants d’environ 25 000 euros. Cette rémunération peut atteindre 86 000 euros pour un(e) infirmier(e) libéral(e).
BTP et transition énergétique : les ouvriers qualifiés deviennent rares
55 000 à 70 000 euros
Malgré un net ralentissement du secteur du BTP, les besoins en techniciens qualifiés ne cessent d’augmenter.
Technicien CVC, conducteur de travaux, électricien spécialisé, installateur photovoltaïque… Les métiers liés à la rénovation énergétique et aux nouvelles normes environnementales sont particulièrement recherchés.
Faute de candidats disponibles, les entreprises dans certaines régions acceptent de recruter des profils en reconversion après des formations courtes. En 2026, un conducteur de travaux expérimenté peut gagner 55 000 à 70 000 euros annuels.
Data, IA : les compétences reines
55 000 à 100 000 euros
L’intelligence artificielle bouleverse désormais tous les secteurs : banque, industrie, santé, commerce, logistique… Les salariés capables d’exploiter les données, comme
les spécialistes en data analyst, data scientist ou IA constituent une espèce rare particulièrement recherchée. Résultat : les recruteurs ne peuvent plus faire les difficiles. Ils accueillent sans rechigner les candidats moins diplômés mais qualifiés, ou passés par des reconversions courtes. La profession s’ouvre aux bootcamps, certifications, formations professionnelles intensives ou en alternance.
La rareté des profils fait naturellement grimper les rémunérations. Un data analyst confirmé peut dépasser 50 000 euros, les profils IA expérimentés franchissent souvent les 70 000 euros et peuvent dépasser les 100 000 euros.



















