Se former gratuitement ou sans débourser plusieurs milliers d’euros se révèle un objectif plus ou moins aisé selon l’endroit où l’on vit. Votre code postal peut parfois peser presque autant que votre motivation. En effet, les régions qui pilotent une grande partie du financement de la formation professionnelle, ne sont pas toutes aussi généreuses. Certaines dépensent plus que d’autres.
Et l’écart peut parfois varier du simple au triple. Comme le montre le classement des régions dont l’investissement par habitant pour les aides à la formation est le plus élevé.
Classement des 8 des régions les plus généreuses
Rang | Région | Dépenses formation/apprentissage par habitant |
|---|---|---|
1 | Hauts-de-France | 81 € / habitant |
2 | Bourgogne–Franche-Comté | 80 € / habitant |
3 | Normandie | 77 € / habitant |
4 | Corse | 76 € / habitant |
5 | Grand Est | 73 € / habitant |
6 | Centre-Val de Loire | 70 € / habitant |
7 | Nouvelle-Aquitaine | 67 € / habitant |
8 | Occitanie | 66 € / habitant |
Les régions les moins généreuses
| Région | Dépenses par habitant |
|---|---|
| Île-de-France | 50 € |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 48 € |
| Auvergne–Rhône-Alpes | 35 € |
Source : Régions de France
Pourquoi une telle disparité dans les régions
Pour avoir une meilleure idée des chances d’obtenir une formation gratuite ou fortement financée, il faut distinguer les régions qui dépensent le plus (grandes régions très peuplées), et celles qui financent le plus par habitant. Car, toutes les régions, malgré un budget global réduit de moitié par France compétences, investissent très largement dans l’apprentissage, les métiers en tension, et les reconversions professionnelles. Mais comme le révèle une étude de Régions de France, leur politique et leurs choix stratégiques peuvent varier considérablement.
Ainsi, les bassins industriels confrontés à un chômage plus élevé misent davantage sur l’accès à la formation pour relancer l’emploi local.
À l’inverse, les régions les plus riches ou les plus attractives, où la demande et la concurrence est beaucoup plus forte, consacrent parfois moins d’argent (par habitant) à la formation.
Les métiers les plus financés aujourd’hui
Dans l’ensemble, les régions privilégient les secteurs en tension. Les financements sont plus facilement débloqués pour les métiers du soin comme les aide-soignants, auxiliaires de vie. Certaines professions du BTP, de la logistique et de l’industrie, comme les soudeurs, couvreurs, techniciens de maintenance mais aussi les chauffeurs poids lourd sont également prioritaires. Sans compter les métiers de la transition énergétique et la tech comme les développeurs informatiques ou les techniciens réseaux. L’objectif poursuivi étant de financer les formations qui débouchent sur un emploi immédiat.
Pour autant, les candidats à la reconversion doivent souvent combiner les aides de la région et d’autres dispositifs comme le CPF pour réduire au minimum leur frais. Les formations entièrement financées par la région et donc gratuites pour les candidats, sont généralement réservées aux demandeurs d’emploi inscrits à France Travail.
santé et aide à la personne
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Hauts-de-France, champion de l’aide à la formation
C’est la région la plus généreuse par habitant — et l’une des plus actives sur le terrain, avec un gros budget consacré à la reconversion. Elle finance massivement des formations dans la logistique, l’industrie, le bâtiment. Sans compter la santé et le numérique.
Pour un demandeur d’emploi, les chances d’obtenir une formation gratuite y seraient nettement plus élevées qu’en Île-de-France.
Grand Est : former vite pour répondre aux pénuries
Former rapidement aux métiers qui recrutent immédiatement. C’est la stratégie très pragmatique adoptée dans le Grand Est. Un territoire confronté à difficultés de recrutement. Outre le transport, les formations financées concernent surtout la maintenance industrielle et l’aide à domicile. D’autres métiers du BTP comme la soudure ainsi que l’énergie restent également prioritaires.
Normandie & Bretagne : un soutien appuyé aux secteurs techniques
Ces deux régions sont régulièrement citées pour leur accompagnement personnalisé avec des aides pour le maintien des rémunérations pendant la formation. Les aides à la mobilité y sont également valorisées. Autant de coup de pouce qui peuvent faire la différence entre ‘envisager’ et ‘concrétiser’ une reconversion notamment dans les métiers techniques.
Occitanie : la région qui multiplie les programmes gratuits
Très active, l’Occitanie finance de nombreux parcours dans les métiers techniques et le numérique. Autres cibles prioritaires : la transition énergétique, l’aide à la personne, ainsi que les formations courtes vers un emploi rapide. La région reste particulièrement favorable aux demandeurs d’emploi.
L’Île-de-France : des financements plus difficiles
Région la plus riche, l’Île-de-France dépense 600M€ dans la formation… Mais paradoxalement, son financement par habitant reste l’un des plus modestes. Demande massive, forte concurrence, critères plus stricts, délais plus longs… Les causes sont multiples. Résultat : obtenir une formation financée à Paris peut devenir un vrai parcours du combattant. Une difficulté que certains parviennent à contourner… En déposant leur dossier dans une autre région.





















