Envie de changer de métier, de développer vos compétences ou de donner un nouvel élan à votre carrière, mais le coût d’une formation vous freine ? Bonne nouvelle : il existe de nombreux dispositifs pour réduire, voire prendre en charge, tout ou partie de la facture. Le tour des aides pour financer votre formation.
Mis à jour le 11 septembre 2026
Le Compte personnel de formation (CPF) reste l’un des principaux leviers, mais il est loin d’être le seul. Selon votre situation (salarié, demandeur d’emploi, indépendant, agent public ou personne en situation de handicap) d’autres financeurs peuvent intervenir. Selon les cas, vous pouvez en effet mobiliser votre employeur, un opérateur de compétences (OPCO), France Travail, la Région, le fonds d’assurance formation…
Et les règles ont évolué en 2026. Participation obligatoire de 150 € au CPF, nouveaux plafonds pour certaines formations, réforme des dispositifs de reconversion, nouvelles règles pour le permis de conduire : voici ce qu’il faut savoir avant de vous inscrire.
À retenir : ce qui change en 2026
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CPF : le premier réflexe pour financer sa formation
Dispositif phare, Le Compte Personnel de Formation (CPF) est ouvert à tous (salariés, demandeurs d’emploi). Il permet d’accumuler des droits à la formation au cours de sa vie professionnelle. Ces droits sont généralement crédités en euros, et dans certains cas en heures.
Le CPF peut notamment financer une formation certifiante, un bilan de compétences, une VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) ou certaines formations liées au permis de conduire, sous réserve de respecter les règles d’éligibilité.
Combien avez-vous sur votre CPF ?
Pour un salarié à temps plein du secteur privé :
- 500 € par an, dans la limite de 5 000 € ;
- 800 € par an, dans la limite de 8 000 €, pour certains salariés peu ou pas qualifiés et les bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (BOETH).
Pour les temps partiels, l’alimentation du compte est ajustée selon les règles applicables.
Les travailleurs indépendants peuvent également recourir au CPF, sous certaines conditions.
Une participation de 150 € en 2026
Depuis le 1er avril 2026, utiliser son CPF entraîne en principe une participation financière obligatoire de 150 €.
La calcul a lieu lors de l’inscription sur Mon Compte Formation.
Cette participation ne concerne pas :
- les demandeurs d’emploi ;
- les personnes bénéficiant d’un financement de leur employeur dans les conditions prévues ;
- les personnes bénéficiant d’un financement complémentaire d’un OPCO ou d’un accord de branche ;
- certaines mobilisations de droits liées au C2P ou à un abondement AT/MP.
À noter : un employeur ou un OPCO peut, dans certaines situations, rembourser les 150 € au salarié. En revanche, un organisme de formation ne peut pas proposer de rembourser cette participation.
Les nouveaux plafonds du CPF en 2026

Le CPF n’est plus utilisable de la même manière pour toutes les formations.
Certifications RNCP : pas de plafond spécifique de mobilisation du CPF.
Certifications du Répertoire spécifique (RS) : la prise en charge par le CPF est plafonnée à 1 500 €, sauf notamment pour CléA. Cela concerne notamment les certifications linguistiques, informatiques ou certaines habilitations professionnelles.
Bilan de compétences : le CPF peut financer jusqu’à 1 600 €. Autre nouveauté importante : il faut ne pas avoir bénéficié d’un financement public ou privé pour un bilan de compétences au cours des cinq années précédentes.
Permis de conduire : pour les permis A1, A2, B1, B et BE, le CPF est plafonné à 900 €. Depuis février 2026, les demandeurs d’emploi peuvent utiliser leur CPF pour ces permis, tandis que les salariés doivent bénéficier d’un cofinancement. Les permis poids lourds et de transport de personnes restent, eux, mobilisables sans ce plafond spécifique.
Le CPF est cumulable avec d’autres aides
Un projet peut être financé avec plusieurs sources : CPF + employeur, CPF + France Travail, CPF + Région, ou encore CPF + OPCO.
Il est donc important de ne pas s’arrêter au montant affiché sur son compte. Un solde CPF insuffisant ne signifie pas nécessairement que la formation est hors de portée.
Salariés : votre employeur peut financer votre formation

Contrairement aux idées reçues, le salarié est souvent le mieux protégé en matière de financement. Dans le secteur privé, le premier interlocuteur est souvent… l’employeur.
Le plan de développement des compétences
Le plan de développement des compétences permet de financer des formations permettant de maintenir son employabilité ou développer ses compétences.
Les frais pédagogiques sont à la charge de l’employeur. Lorsque la formation se déroule pendant le temps de travail, la rémunération est maintenue. En revanche, une formation suivie hors temps de travail n’est en principe pas rémunérée.
Il n’y a pas de condition générale d’ancienneté pour accéder à une formation inscrite dans ce plan.
| Avant de mobiliser votre CPF : demandez à votre service RH ou à votre employeur si la formation peut être prise en charge dans le cadre du plan de développement des compétences. |
Le projet de transition professionnelle (PTP)
Vous souhaitez changer complètement de métier ? Le projet de transition professionnelle (PTP) est l’un des dispositifs les plus intéressants pour une reconversion.
Il permet, sous conditions, de suivre une formation certifiante tout en bénéficiant d’un congé spécifique. Lorsque la formation est suivie sur le temps de travail, une rémunération peut être maintenue selon les règles applicables. Les associations Transitions Pro instruisent les demandes de prise en charge.
Le dispositif remplace l’ancien congé individuel de formation (CIF).
La période de reconversion
C’est l’un des changements majeurs de l’année. La période de reconversion permet à un salarié d’évoluer vers un autre métier, dans son entreprise ou dans une autre entreprise. Ce dispositif unique remplace La Pro-A et les Transitions collectives.
Elle est ouverte aux salariés, sans condition générale liée à l’âge ou au niveau de qualification.
La formation est financée par l’OPCO. Le CPF du salarié peut également être mobilisé avec son accord. En cas de reconversion interne, le salarié conserve sa rémunération. En cas de reconversion externe, sa rémunération dépend du nouveau contrat, avec une éventuelle prise en charge de l’écart selon les accords applicables.
Demandeurs d’emploi : France Travail peut prendre en charge votre formation
France Travail peut intervenir directement, via différents dispositifs ou compléter d’autres financements, notamment le CPF.
L’Aide individuelle à la formation (AIF)
L’AIF peut financer tout ou partie des frais pédagogiques d’une formation. Notamment lorsque le projet est validé et qu’aucun autre financement ne permet de le couvrir. Elle peut compléter un CPF insuffisant.
La demande doit être construite avec France Travail avant l’entrée en formation.
Les formations financées directement par France Travail ou les Régions
Les règles et les formations disponibles varient selon le territoire. Il n’existe donc pas une liste nationale unique des « chèques formation » : il faut consulter les dispositifs de sa Région.
Les formations avant recrutement : POEI et POEC
Vous avez une promesse d’embauche mais il vous manque certaines compétences ?
La POEI (Préparation opérationnelle à l’emploi individuelle) permet de suivre une formation avant la prise de poste.
La POEC (Préparation opérationnelle à l’emploi collective) répond, elle, à des besoins de recrutement identifiés par une branche professionnelle. Elle permet à plusieurs demandeurs d’emploi de suivre une formation ciblée sur un métier ou un secteur qui recrute.
Et pendant la formation, comment vivre ?
Le financement des frais pédagogiques n’est qu’une partie du problème. Il faut également regarder la rémunération.
Selon votre situation, plusieurs dispositifs peuvent prendre le relais :
- ARE-F pour les demandeurs d’emploi indemnisés au titre de l’ARE et entrant dans une formation éligible ;
- RFFT pour certains demandeurs d’emploi qui ne perçoivent pas d’allocation chômage ;
- RFF lorsque les droits à l’allocation arrivent à leur terme avant la fin d’une formation éligible ;
- ASS-F dans certaines situations ;
- rémunérations spécifiques pouvant également être proposées par les Régions.
La rémunération dépend de votre situation, de vos droits et du type de formation. Il est donc essentiel de vérifier ce point avant de commencer la formation.
Agents publics : le CPF crédité en heures

Les agents de la fonction publique disposent eux aussi d’un CPF. Mais celui-ci est principalement crédité en heures et non en euros. Contrairement au CPF des salariés du privé.
Les heures peuvent financer des formations liées à un projet d’évolution professionnelle, de mobilité, de promotion ou de reconversion.
Le congé de formation professionnelle (CFP)
Dans la fonction publique d’État, le CFP peut aller jusqu’à trois ans sur l’ensemble de la carrière. Une indemnité correspondant à 85 % du traitement indiciaire brut et de l’indemnité de résidence peut être versée pendant la première année. Des règles plus favorables existent pour certaines situations prioritaires.
Les modalités diffèrent entre fonction publique d’État, territoriale et hospitalière : il faut donc se rapprocher de son service RH.
Travailleurs indépendants : pensez aux fonds d’assurance formation
Les indépendants peuvent bénéficier de financements spécifiques en contrepartie de leur contribution à la formation professionnelle (CFP).
Le fonds compétent dépend de l’activité exercée :
- commerçants et dirigeants non salariés : Agefice ;
- artisans : FAFCEA ;
- professions libérales : FIF-PL ;
- professions médicales libérales : FAF-PM ;
- exploitants agricoles : Vivea ;
- d’autres secteurs relèvent notamment de l’Afdas ou d’Ocapiat.
Les règles de prise en charge, les plafonds et les délais varient fortement d’un fonds à l’autre.
Attention : il faut généralement effectuer la demande avant le début de la formation. Certains fonds appliquent des délais particulièrement courts. Pour les professions libérales, par exemple, la demande doit être déposée au plus tard dans les dix jours calendaires suivant le premier jour de formation.
Les indépendants peuvent également disposer d’un CPF.
Personnes en situation de handicap : des financements complémentaires
Le handicap peut ouvrir droit à des aides supplémentaires, en complément des dispositifs de droit commun.
Dans le secteur privé, l’Agefiph peut financer ou compenser certaines dépenses liées au handicap et à la formation. Notamment lorsque des adaptations pédagogiques, techniques ou humaines sont nécessaires.
Dans la fonction publique, le FIPHFP propose également des aides permettant notamment de financer des formations ou des moyens de compensation du handicap.
Le CPF est par ailleurs davantage alimenté pour les bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés.
Ils peuvent acquérir jusqu’à 800 € par an, dans la limite de 8 000 €.
Des aménagements spécifiques peuvent compléter les aides pour rendre la formation accessible.
L’alternance : se former tout en étant rémunéré
L’apprentissage constitue une autre manière de financer une formation. L’apprenant est salarié de l’entreprise et alterne entre formation en CFA et activité professionnelle.
Pour l’apprenti, aucune contribution financière ne peut être demandée lors de la conclusion, du dépôt ou de la rupture du contrat d’apprentissage.
L’âge maximal est en principe de 29 ans révolus. Des dérogations concernent les travailleurs handicapés, certains changements de niveau de diplôme ou certaines ruptures de contrat.
Ce qui change encore en 2026
Depuis juillet 2025, l’employeur doit notamment participer à hauteur de 750 € au financement de certains contrats. Ceux préparant à des formations de niveau Bac+3 et plus notamment. D’autres évolutions du financement des contrats d’apprentissage s’appliquent à la rentrée 2026. Avec notamment une simplification des niveaux de prise en charge et une évolution des plafonds.
En parallèle, les aides versées aux employeurs d’apprentis ont été réajustées cette année. Pour les contrats conclus à partir du 8 mars 2026 et débutant avant le 1er janvier 2027, leur montant dépend notamment de la taille de l’entreprise et du niveau de qualification préparé.
Le financement peut atteindre 6 000 € pour un apprenti en situation de handicap.
VAE, C2P et autres solutions à ne pas oublier
Le financement d’une formation ne passe pas forcément par un seul dispositif.
La VAE
La validation des acquis de l’expérience (VAE) permet d’obtenir tout ou partie d’une certification grâce à son expérience professionnelle ou bénévole. Elle fait partie des actions pouvant être financées via le CPF, sous réserve de respecter les règles d’éligibilité. MMon Compte Formation
Le Compte professionnel de prévention (C2P)
Les salariés exposés à certains facteurs de risques professionnels peuvent utiliser leurs points C2P. Pour compléter leurs droits à la formation, notamment ceux inscrits sur leur CPF. Un point C2P correspond à 500 € lorsqu’il est utilisé pour financer une formation éligible.
Les financements régionaux
Les Régions peuvent financer directement certaines formations. Notamment pour les demandeurs d’emploi ou les personnes en reconversion. Les critères, montants et formations éligibles sont propres à chaque territoire.
Il est donc utile de consulter le conseil régional avant de mobiliser ses économies ou son CPF.
Tableau récapitulatif : quelle aide selon votre situation ?
| Votre situation | Principaux financements | Rémunération possible pendant la formation ? |
|---|---|---|
| Salarié du privé | CPF, plan de développement des compétences, PTP, période de reconversion, OPCO | Oui, selon le dispositif et le temps de formation |
| Demandeur d’emploi | CPF, AIF, formations France Travail, Région, POEI, POEC | Oui, selon les droits : ARE-F, RFFT, RFF… |
| Travailleur indépendant | CPF, Agefice, FAFCEA, FIF-PL, FAF-PM, autres FAF | Pas de maintien automatique d’un salaire |
| Agent public | CPF en heures, CFP et dispositifs propres à l’administration | Oui, selon le dispositif |
| Personne en situation de handicap | CPF majoré, Agefiph, FIPHFP, autres financeurs | Variable selon le statut et le dispositif |
| Apprenti | Contrat d’apprentissage et financement de l’alternance | Oui : l’apprenti est salarié |
Comment maximiser ses chances d’obtenir un financement ?
Avant de payer une formation, prenez le temps de vérifier les différentes possibilités.
- Déterminez votre statut : salarié, demandeur d’emploi, indépendant, agent public…
- Vérifiez l’éligibilité de la formation : certification RNCP, Répertoire spécifique, VAE, etc.
- Consultez votre CPF avant de solliciter un financement complémentaire.
- Demandez à votre employeur si une prise en charge est possible.
- Si vous êtes demandeur d’emploi, échangez avec France Travail avant de vous inscrire.
- Si vous êtes indépendant, identifiez votre fonds d’assurance formation et vérifiez ses délais.
- Si vous êtes en situation de handicap, signalez vos besoins d’aménagement suffisamment tôt.
- Comparez tous les financeurs avant de verser le moindre euro.
Le financement des frais pédagogiques et votre rémunération pendant la formation sont deux sujets différents. Une formation peut être entièrement financée sans pour autant garantir le maintien de vos revenus.



















